Quels pays produisent le plus de thé ? Le classement mondial
Le thé se boit presque partout, mais il ne se cultive que dans une poignée de pays, et la carte de ceux qui le produisent ne ressemble pas à celle de ceux qui l’exportent. Un pays peut être un géant de la récolte et peser peu sur les rayons européens, parce qu’il boit lui-même l’essentiel de son thé ; un autre, plus modeste, peut remplir la moitié des sachets du monde. Les chiffres ci-dessous proviennent du dernier rapport du groupe intergouvernemental sur le thé de la FAO, publié en janvier 2024 et portant sur l’année 2022, la plus récente disponible dans ce document. Ils vous aideront à lire l’origine d’une boîte de thé autrement.
Un marché de 6,7 millions de tonnes
Selon ce rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, la production mondiale de thé, tous types confondus, a atteint 6,7 millions de tonnes en 2022, après une croissance moyenne de 3,2 % par an sur dix ans. Sur la même décennie, la production de thé noir a progressé de 2,1 % par an et celle de thé vert de 4,9 %. En 2022, la hausse globale de 1,6 % s’explique d’ailleurs par le thé vert, qui a compensé le recul du thé noir.
Rappelons que thé vert et thé noir viennent de la même plante : ce qui les distingue, c’est le traitement de la feuille après la cueillette, et par conséquent la façon de les infuser, que nous détaillons dans notre guide sur le temps d’infusion du thé. Mais leurs géographies diffèrent nettement.
La Chine loin devant, l’Inde en second
La Chine domine sans partage. Sa production est passée de 1,92 million de tonnes en 2013 à 3,34 millions en 2022, soit près de la moitié du thé mondial. La FAO attribue cette croissance à la demande intérieure : la Chine est aussi, de loin, le premier pays consommateur, avec 3 millions de tonnes bues en 2022, 46 % de la consommation mondiale. C’est surtout un pays de thé vert, dont elle assure plus des trois quarts des exportations mondiales.
L’Inde arrive en deuxième position, avec 1,37 million de tonnes en 2022, soit 20,5 % de la production mondiale. Elle est aussi le deuxième consommateur, avec 1,16 million de tonnes, près de 18 % du total : l’essentiel du thé indien est donc bu en Inde. Les noms de ses régions, Assam et Darjeeling, figurent pourtant sur bien des boîtes européennes.
Derrière ces deux géants, d’autres pays comptent pour des raisons différentes. Le Japon produit en moyenne un peu plus de 70 000 tonnes de thé vert par an sur la période 2020-2022, peu à l’échelle mondiale mais beaucoup en réputation. La Turquie, elle, se classe au troisième rang des pays consommateurs, avec 250 021 tonnes bues en 2022. Le Vietnam, connu en France comme deuxième producteur mondial de café, cultive et exporte aussi du thé vert.
Kenya et Sri Lanka, champions de l’exportation
Le classement change du tout au tout quand on regarde les exportations. Le Kenya et le Sri Lanka sont les deux premiers exportateurs de thé noir du monde, devant l’Inde. Le Kenya a produit 542 561 tonnes en 2022 et le Sri Lanka 255 973 tonnes. Une note de la FAO publiée en 2020 précisait que le Kenya exportait alors 80 % de son thé, et qu’au Sri Lanka, environ 400 000 petits planteurs cultivaient le théier.
Cette dépendance à l’export rend ces filières fragiles. En 2022, la production sri-lankaise a chuté de 15,6 %, sa plus forte baisse depuis 1995 : l’interdiction des engrais décidée en 2021 a fait plonger les rendements, et la crise économique du pays a désorganisé les plantations. La FAO souligne que les recettes du thé financent une part importante des importations alimentaires du Kenya et du Sri Lanka.
Plus largement, l’organisation rappelle que le thé fait vivre des millions de petits producteurs dans des pays à faible revenu, et qu’il affronte le changement climatique, la volatilité des prix, la hausse des coûts de production et des revenus en baisse pour les planteurs. Ce sont les mêmes fragilités que celles du café, et les mêmes labels tentent d’y répondre, comme nous l’expliquons dans notre article sur ce que garantit le commerce équitable.
Ce que ces chiffres disent de votre tasse
En Europe et en Amérique du Nord, la FAO observe un recul de la consommation de thé, concurrencé par l’eau en bouteille, les sodas et le café. Le thé que l’on y boit est surtout du thé noir, souvent en sachets et en mélanges, qui viennent pour une large part des grands exportateurs : Kenya, Sri Lanka, Inde. Le « Ceylan » de votre boîte, c’est le Sri Lanka, qui a gardé dans le commerce du thé le nom de l’île à l’époque coloniale. Le café et le thé ont d’ailleurs voyagé sur les mêmes navires des compagnies de commerce européennes, comme le rappelle notre histoire du café.
La prochaine fois que vous achetez du thé, cherchez le pays et, mieux encore, la région ou le jardin d’origine. Une boîte qui se contente de « thé noir » sans autre précision vous dit seulement qu’il s’agit probablement d’un assemblage de plusieurs origines, choisi pour son prix et sa régularité plus que pour son terroir.
Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle.
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