Que faire du marc de café : où le jeter et ce qu'il devient
Un porte-filtre à vider, un piston à rincer : le marc est le dernier reste d’une chaîne qui a traversé un océan, et c’est aussi celui qu’on traite le plus mal. On le jette sans y penser, ou on le garde en se répétant qu’il « sert à quelque chose ». Depuis le 1er janvier 2024, la question a changé de nature : votre marc relève du tri à la source des biodéchets. Voici où il doit aller, ce qu’il devient, et les usages maison qui tiennent debout.
Depuis 2024, il ne va plus dans la poubelle ordinaire
Le ministère de la Transition écologique rappelle qu’à compter du 1er janvier 2024, conformément au droit européen et à la loi antigaspillage de 2020, le tri des biodéchets est généralisé et concerne tous les professionnels et les particuliers. Sont visés les déchets alimentaires et de cuisine comme ceux de jardin, qui représentent encore un tiers de la poubelle résiduelle des Français. Le marc en fait partie, au même titre qu’une épluchure.
En pratique, l’ADEME range le marc parmi les déchets de cuisine qui se compostent sans précaution particulière, filtre en papier compris : vous pouvez vider votre porte-filtre tel quel, papier et mouture ensemble. Trois destinations, selon ce que propose votre commune : un composteur individuel ou partagé, un bac de collecte séparé, ou un point d’apport volontaire. L’agence chiffre l’enjeu à 129 kilos de déchets alimentaires par personne et par an, dont 63 kilos assimilés à du gaspillage.
Le volume dépend de la méthode : un café filtre du matin laisse quelques dizaines de grammes, un cold brew, beaucoup plus dosé, remplit le seau à lui seul. Faute de composteur ou de collecte à proximité, un seau fermé vidé tous les deux jours évite les odeurs.
Compost, biogaz, bûches : ses vraies filières
Une fois trié, un biodéchet suit l’une des deux voies décrites par l’ADEME. Le compostage, d’abord : le compost obtenu peut servir aux agriculteurs de la région et réduire leur dépendance aux engrais de synthèse. La méthanisation, ensuite : elle produit un biogaz injectable dans les réseaux, qui remplace du gaz fossile, et laisse un résidu appelé digestat, utilisé comme fertilisant.
L’industrie, elle, s’intéresse au marc parce que l’infusion est loin de l’avoir épuisé. Un état de l’art publié en mai 2020 dans L’Actualité Chimique, la revue de la Société Chimique de France, y relève 45 à 50 % de polysaccharides, 10 à 15 % de lipides et jusqu’à 0,5 % de caféine résiduelle. Ses auteurs décrivent les filières déjà en service : culture de pleurotes sur substrat de marc, bûches et granulés de chauffage, chaudière biomasse d’un torréfacteur qui consomme 33 000 tonnes de marc par an, tasses moulées. Et les limites : le biodiesel n’est viable qu’à partir de 42 000 tonnes de marc par an, un gisement qu’aucun pays d’Europe ne rassemble, l’Allemagne exceptée.
Les ordres de grandeur : une tonne de café vert finit en 650 kilos de marc, soit 4,8 millions de tonnes par an dans le monde, dont environ 143 000 tonnes pour la France. L’essentiel de ce que nous achetons retourne donc à la poubelle — un argument de plus, face à la hausse du prix du café, pour acheter moins et doser juste.
Les usages maison : ce qui tient, ce qui ne tient pas
Les auteurs de la revue rangent les emplois domestiques du marc — exfoliant, désodorisant pour réfrigérateur, nettoyage des canalisations, engrais improvisé — parmi les recettes de grand-mère qu’aucune industrie n’a reprises, faute de rentabilité. Cela ne les disqualifie pas chez vous, à une condition : un marc sec. Étalé une nuit sur une assiette, il désodorise une coupelle de réfrigérateur ; humide et tiède, il moisit en deux jours.
Deux fausses bonnes idées, en revanche. L’évier d’abord : le Centre d’information sur l’eau rappelle que les graisses jetées dans les canalisations s’y agglomèrent en tampons qui les bouchent, et conseille de jeter à la poubelle les résidus recueillis dans la bonde. Le marc, qui ne se dissout pas et s’agrège volontiers aux corps gras, n’a rien à faire là. Le sol ensuite : les travaux cités par la revue montrent qu’appliqué brut, sans transformation préalable, le marc ralentit la croissance des plantes. Son passage obligé est le composteur, où il se mélange à d’autres matières.
La prochaine fois que vous tasserez le marc au fond d’une cafetière à piston, pensez au chemin parcouru : derrière ces quelques grammes, une cerise cueillie à la main, un séchoir, une coopérative dont le commerce équitable garantit le prix minimum. L’erreur à éviter tient en un geste : glisser le marc dans un sac plastique ordinaire avant de le déposer dans le bac à biodéchets. Le sac n’est pas compostable, et c’est tout le contenu du bac qui part alors en refus de tri.
Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle.
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